Lundi 5 avril 2010
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22:28
Y'a un truc qui m'énerve. Non, pas qui m'énerve, le mot est trop faible, qui me met hors de moi, qui me fait péter une durite, qui, en résumé, me fait ch*er (pardon, madame, de la vulgarité).
Nous, acteurs des soins de santé (je dit nous parce que j'en fais un peu partie en tant que promédicoblaste), somme amenés à côtoyer des gens un peu différents que le reste du service public :
des... MALADES (bouh !). Ces gens sont différents car ils se trouvent dans une position de faiblesse, de vulnérabilité, à la fois par leur maladie (bah oui) mais aussi par leur statut (un malade,
une fois devant son médecin/infirmier/aide-soignant/secrétaire/sage-femme/que sais-je, devient un patient, patient que l'on déshabille, nettoye, désinfecte, soumet à moult examens physiques et
joyeusetés toucher rectaliennes).
C'est ce statut qui fait, pour toute personne travaillant dans le milieu, de près ou de loin, l'ENORME différence avec les reste du monde du travail. Bien souvent et fort heureusement, les
médecins/infirmiers/SF/pharmaciens/... s'en rappellent (travailler avec des patients tout le temps, ça aide) mais, et c'est là le sujet de mon énervement, souvent, le reste de la sphère à la
fâcheuse tendance à l'oublier.
En tant que cuisinier, aide de salle d'op', plombier, personnel d'entretien, banquier, forgeron, ... amené à travailler dans le "milieu", il faudrais toujours se rappeler que la personne que l'on
a en face de soi n'est pas dans son état normal, que si elle réagit violemment/méchamment/bizarrement, il y a de forte chance que le stress y soit pour quelque chose. Nos patients sont
vulnérables et ont peur, ils vivent donc un stress immense et il appartient à chacun dans le milieu hospitalier de ne pas tenir rigueur des réactions exagérées que ceux-ci peuvent avoir. De plus,
nous avons le DEVOIR d'être un minimum humain (je ne prétend même pas qu'il faille être empathique, ce serait une douce utopie), quand on croise un patient, que cela soit dans son lit ou au
bureau des admission, être un minimum gentil avec lui me paraît être la moindre des choses !
Bref, un coup de gueule envers tout ceux qui parlent de travers à des gens visiblement affaiblis ("oui mais je vais finir avec 15 minutes en retard si je fais son admission maintenant" "oui mais
toi T'AS PAS LE CANCER CONN*SSE !"), qui volent des gens dans le coma, ...
Je demande pas d'énormes sacrifices de la part des médecins/paramédicaux/administratifs/techniques/ouvriers/..., juste un minimum. Et j'en perd tout semblant d'orthographe qui subsistait dans mes
3 neurones résiduels.
Sinon, Lucie and the Teenage Monster, "Dance Steps"