Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 22:47

http://www.copyrightfrance.com/images/copyright_image_1.jpgIl y a des jours comme ça où, malgré un optimisme à l'épreuve des balles, on a envie de taper.

 

Aujourd'hui, c'est cette phrase, "no copyright infringement intended", qui m'a filé assez d'urticaire que pour me bouger jusqu'à mon blog. Of course (en anglais dans le texte), je l'avais déjà croisée sur Youtube ou autre, elle m'avait déjà chipoté, sans que je ne me rende jamais compte pourquoi... Puis, ce jour, j'y ai réfléchi plus qu'une demi-seconde (oui, j'ai pour habitude de ne pas réfléchir plus, après, je sature) et me suis rendu compte de la bêtise profonde de ces quelques mots.

En copiant du contenu protégé, et c'est ce que les gens qui écrivent des lois pour gagner leur vie ont réalisés, on ne paye rien. Si on ne paye rien, les grosses compagnies (les Mé-djors du disque) ne prennent pas de bénéfice. Sans bénéfice, pas de paye pour l'artiste qui, au fond de sa campagne d'Islamabad, se les gèles, le ventre vide.

 

 

Là où ça m'exaspère, c'est que les gars qui mettent cette phrase magique au début de leur super montage de photos synchronisée avec le dernier Justin Bieber, ben, ils captent pas ça. Pour eux, si on met que qu'on veut pas se faire d'€ en diffusant l'album de Mariah Carré, alors ça compte pas, c'est pas du vrai piratage (ou, limite, c'est du piratage gentil). Ils ne se rendent pas comptent que taper sur la tête du voisin avec un bâton, peu importe si tu lui dis que tu veux pas vraiment lui faire mal, c'est douloureux au final.

 

Alors Kevin, la prochaine fois que tu postes une vidéo de ta musique pourrie avec des images d'avions de chasse à deux balles, tu réfléchis 5 secondes et tu recopies pas ce que le précédent à mis, ça sert à rien. Tu pirates, t'assumes !

 

Rhaaa, la bêtise des gens parfois, nan mais j'vous jure...

Par Simon.Van - Publié dans : Mood
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Mercredi 22 juin 2011 3 22 /06 /Juin /2011 22:10

Bon, pour tout étudiant, qu'il soit aspirant chirurgien ou futur anatomopathologiste, il faut y passer. Pendant toute la durée de nos études, diverses stages nous amènent au quatre coin du corpus medicalis, on fait de la gynécologie et le mois suivant, sans transition, des urgences pédiatriques. C'est comme ça. Ça nous donne une vision globale de l'Art.

 

Donc voilà, je me retrouve dans un endroit que j'avais pris l'habitude de traverser en vitesse le matin, un café à la main, récitant mentalement le programme opératoire du jour, j'ai nommé l'Etage.

 

Ce royaume, perdu entre la salle d'op' et la salle d'urgence et représentant la quasi totalité des structures hospitalières modernes est l'endroit où "ça se passe", là où les cantators internistes récitent leurs tirades à grands coups de corticoïdes et d'antibiotiques (je vous rappellerai d'ailleurs le B.A-BA ici : La Médecine Interne... ). C'est une véritable guerre rangée entre la maladie et l'armée médicale qui se tient chaque jour en ces contrées. Comme toute guerre, cela demande de grands stratèges. Qui dit stratèges dit réflexion, et qui dit réflexion dit temps.

 

Car oui, ma bonne dame, la médecine interne, c'est de la médecine où on prend son temps. Quand on passe par là, pas intérêt à être pressé !

 

La journée type là-bas commence par ce qu'on appelle dans le jargon le "tour papier". Rien à voir avec une construction en origami, il s'agit là de l'abréviation (oui, on abrège alors qu'on a tout son temps, allez comprendre) de "tour de salle des patients sur papier". Donc, en gros, on revoit tous les patients, assis, dans un bureau, un par un, histoire de voir qui va bien (ou pas) et ce qu'on compte faire. Il est 8h30 et cela prend facilement une heure (parce que bon, on a tout son temps). Une fois tout ça discuté, vient le tour, le vrai, celui où on se déplace d'une chambre à l'autre, en paquet de blouseux compact, et où l'on explique au patient ce qu'on a décidé de leur faire dans la journée. Là, on a VRAIMENT tout son temps (de toute façon, tous les patients sont traités et stables en général). Ça prend facilement la matinée (voire un bout d'après-midi). Vient la pause midi (ben oui, on est populaire en médecine interne, on squatte le restau) ensuite... Le tour de l'aprèm' (ou contre-visite) ! Saupoudrez des quelques entrées et sorties et ça nous amène à facilement 18-19h...

 

Bref, vous comprendrez que je suis en stage en médecine interne et que je le vit mal.

Par Simon.Van - Publié dans : Brêves de stage
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 23:04

J'vais dire -heu- que j'ai du mal à arrêter de cliquer sur "play" encore et encore et j'vais dire -heu- que cette info est tellement burlesque et surréaliste que j'vais dire -heu- qu'elle ne pouvait que venir de mon plat pays adoré.

 

J'vais dire -heu- que ça se passe d'autre commentaire...

 

Par Simon.Van - Publié dans : N'importe tout et rien (?).
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 09:35

http://1b.img.v4.skyrock.net/1b5/uk-poprock/pics/1228592720_small.jpg

 

 

 

Pfiuuuu, je sors de ma première garde solo en gynécobs (oui, je sais, c'est -toujours- pas ce que je  veut faire donc suis pas interne/assistant mais l'endroit de stage à comme politique de nous balancer une garde de week-end avec ordonnancier et numéro de patron à appeler au cas où...), c'était rock & roll !

 

 

J'arrive dimanche, 9h, une dadame en travail (pour les noobs du fond, ça veut dire qu'elle contracte) et une autre venant de faire une fausse-couche et qui saigne encore. Le patron passe quand même, fait le curetage de la fausse couche (en gros, on va chercher le reste de placenta, sous anesthésie générale, afin d'arrêter tout saignement) et me laisse faire l'accouchement (rhaaaaaaa, kiffe+++), sous sa surveillance stricte, of course (je faisais VRAIMENT pas le malin avec la circulaire).

Ensuite, lui se retire dans sa maison, j'enchaine les pertes de sang du premier trimestre (heureusement, tout le monde allait bien, pas une seule écho sans rythme cardiaque, la vita é bella), je l'appelle de temps à autre pour le tenir au courant et prend mon pied à faire plein de mesures pas super utiles en urgence mais j'aime bien les échos donc voilà !

Première MST aussi puis, le temps avançant, il est 20h. C'est donc un dimanche soir, les cernes aux yeux, que je dois gèrer ma première (et probablement dernière) annonce de grossesse... A une 'tite jeune de 15 ans avec contexte plutôt difficile... Bref, délicat tout ça !

Viens ensuite (parce que bon, sans ça, la journée serait pas complète) le premier vrai cas chirurgical (dés l'anamnèse, ça me fait penser à une salpyngite voire un abcès) et, avantage d'être seul, que je peux bilanter moi-même. Après contact et accord du patron, viens alors l'inconvénient d'être seul : réussir à trouver une place dans l'hopital !

 

 

Premier service appelé : "ouiiiiiii... Maiiiis c'est une daaaaaame" -bien vu Einstein- "et il me reste que des chambres avec des hommes donc faudraiiiiiit que je les déménages mais ça va pas alleeeeer en pleine nuit, il aurait fallu me prévenir pendant la journée" -ok, la prochaine fois, je refuse tout patient qui prévient pas 48h à l'avance qu'il va falloir l'opérer-

Bref, deuxième service (de cardio dans la vraie vie mais qui accepte ce genre d'exportation) : "ouiiiiii mais normalemeeeeeent il faut prévenir avant, moi je sais pas faiiiire les entrées" -Mais ils se sont donné le mot ou quoi ?!?-

Troisième service : enfin quelqu'un de cortiqué... Mais ce service déborde...

 

 

Bref, ce sera donc service numéro 2 ! Je vous passe les détails de cette -fastidieuse- transmission ("non, je m'en fout si c'est Hartman ou Glucion - Non, faut une voie d'entrée pour ses antibio, on laisse la perf - Non, je ne connais pas l'âge du capitaine"), ça cloturait en beauté ce mini-marathon de 24h !

 

 


Interlude message perso : Joh, wanna be my rock and roll queen :) ?

 

A écouter très fort !

 

Par Simon.Van - Publié dans : Brêves de stage
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 22:01

La chef s'écria "Ah non, je l'ai déjà dit, c'est pas comme ça qu'il faut faire ça, le machin là va dans ce truc, et pas autrement ! Je comprend pas dans quelle langue je dois vous l'expliquer, c'est quand même pas difficile, j'ai l'impression que vous êtes pas tous très dégourdis ici"... La veille, c'était l'inverse qu'il fallait faire, et le jour avant, surtout ne pas le faire...

 

L'hôpital est un lieu propice à ce genre d'explosions, violences morales vécues au quotidien, cet exemple n'est pas spécialement méchant, d'ailleurs.

 

Assez rapidement, en stage, j'en ai, comme tout le monde, fait les frais. Ça fait mal, on se dit qu'on est vraiment mauvais, qu'on a pas sa place là. Puis, on en voit d'autre ramasser aussi, et on les sait pourtant compétents. Là, une question fait "pop" : "Mais pourquoi ? Pourquoiiiiiiiii ?"

C'est en écoutant mes aînés, stagiaires/externes, assistants/internes et patrons, que je pense commencer à saisir les ficelles du, délicat, machin. En voici quelques fondements.

 

Première notion importante : le "fait passer au suivant".

C'est un des premiers trucs que l'on peut observer puisque, logiquement, on commence en bas de la chaine alimentaire hospitalière. Pour abréger, le patron est stressé, crie sur l'infirmière ou l'assistant, qui par après engueule le stagiaire ou l'infirmière n°2, qui, stressé à son tour, va se plaindre auprès du chef du nettoyage "qu'il y a une tache là et que ça va pas du tout, du touuuut", qui va prendre son bâton et taper son subalterne-préposé au nettoyage des taches, lui-même passera un savon mémorable à l'étudiant chargé de CETTE tache, et caetera... Et je simplifie tant les intermédiaires possibles et imaginables sont nombreux. Cette notion nous amène à la...

 

...Deuxième notion importante : la "soupape".

Logiquement, on se demande assez vite et à nouveau "mais pouquoiiiiiiii ?". Mis à part le cas de véritables sadiques (fort rare, heureusement), on peut assez rapidement (du moins si on a pas le QI d'une tortue) se rendre compte que le primum movens de tout ce souk n'est rien d'autre que la tension, le stress. C'est un énorme soulagement de pouvoir crier sur quelqu'un, pour un motif ou un autre, de "décharger son trop plein" (et mon esprit perverti par le milieu chirurgial s'abstiendra de tout commentaire sur cette phrase:), en psychologie, on parle de transfert d'activation. Les coqs qui se battent font de même, quand la tension est trop forte, le combat trop intense, ils s'arrêtent pour picorer d'imaginaires graines au sol afin de reprendre par après leur querelle, l'esprit apaisé.

 

Troisième notion : "l'écartellement".

Tout ce stress doit bien venir de quelque part, non ? Ben oui ! Dans beaucoup de cas, en analysant la situation à froid, on peut se rendre compte (et je ne peut que remercier le gars qui m'a ouvert les yeux sur le sujet) que la personne stressée l'est à cause de différents facteurs, le principal à mon sens étant la divergence de point de vue. Se retrouver au milieu de plusieurs ordres contradictoires est une chose extrêmement usante, stressante, anxiogène au possible et donc potentiellement vectrice d'un stress au long cours. Ce stress vient de cette nécessité de faire un choix, seul, entre différents intervenants (et donc de forcément ne pas respecter les consignes des autres).

Évidemment, d'autres facteurs de stress existent (la situation -engagement du pronostic vital par exemple-, le "passage à savon" et la peur de la récidive, la culpabilité -ai-je mal fait cela ?-, etc).

 

Si j'ai le temps, je menerai ce manuel plus en avant, mais le premier grand point a assimiler est le recul. Il faut un jour se rendre compte que si l'on reçoit une engueulade à fait pâlir d'envie le premier dictateur venu, ce n'est que rarement contre soi que c'est dirigé (je fait donc exception du cas où l'on se rend compte qu'effectivement, ben, on a foiré). Il faut réussir à se détacher (et comprendre les causes de ces cris en terme de stress latent peut aider) afin que la personne qui gueule ne fasse plus que partie du brouhaha ambiant, au même titre que le bruit de l'aspi et le bip familièrement rassurant de l'ECG.

 

Répondre à ce genre de conflit est pas contre délicat, la solution de facilité étant de s'écraser (SANS prendre sur soi-même) mais répliquer peut, dans certain cas, être efficace (z'avez vu comme je me mouille pas là:)

Par Simon.Van - Publié dans : Brêves de stage
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