La médecine interne.

Publié le par Simon.Van

Bon, pour tout étudiant, qu'il soit aspirant chirurgien ou futur anatomopathologiste, il faut y passer. Pendant toute la durée de nos études, diverses stages nous amènent au quatre coin du corpus medicalis, on fait de la gynécologie et le mois suivant, sans transition, des urgences pédiatriques. C'est comme ça. Ça nous donne une vision globale de l'Art.

 

Donc voilà, je me retrouve dans un endroit que j'avais pris l'habitude de traverser en vitesse le matin, un café à la main, récitant mentalement le programme opératoire du jour, j'ai nommé l'Etage.

 

Ce royaume, perdu entre la salle d'op' et la salle d'urgence et représentant la quasi totalité des structures hospitalières modernes est l'endroit où "ça se passe", là où les cantators internistes récitent leurs tirades à grands coups de corticoïdes et d'antibiotiques (je vous rappellerai d'ailleurs le B.A-BA ici : La Médecine Interne... ). C'est une véritable guerre rangée entre la maladie et l'armée médicale qui se tient chaque jour en ces contrées. Comme toute guerre, cela demande de grands stratèges. Qui dit stratèges dit réflexion, et qui dit réflexion dit temps.

 

Car oui, ma bonne dame, la médecine interne, c'est de la médecine où on prend son temps. Quand on passe par là, pas intérêt à être pressé !

 

La journée type là-bas commence par ce qu'on appelle dans le jargon le "tour papier". Rien à voir avec une construction en origami, il s'agit là de l'abréviation (oui, on abrège alors qu'on a tout son temps, allez comprendre) de "tour de salle des patients sur papier". Donc, en gros, on revoit tous les patients, assis, dans un bureau, un par un, histoire de voir qui va bien (ou pas) et ce qu'on compte faire. Il est 8h30 et cela prend facilement une heure (parce que bon, on a tout son temps). Une fois tout ça discuté, vient le tour, le vrai, celui où on se déplace d'une chambre à l'autre, en paquet de blouseux compact, et où l'on explique au patient ce qu'on a décidé de leur faire dans la journée. Là, on a VRAIMENT tout son temps (de toute façon, tous les patients sont traités et stables en général). Ça prend facilement la matinée (voire un bout d'après-midi). Vient la pause midi (ben oui, on est populaire en médecine interne, on squatte le restau) ensuite... Le tour de l'aprèm' (ou contre-visite) ! Saupoudrez des quelques entrées et sorties et ça nous amène à facilement 18-19h...

 

Bref, vous comprendrez que je suis en stage en médecine interne et que je le vit mal.

Publié dans Brêves de stage

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Zigmund 22/06/2011 23:31



je me souviens que je n'aimais pas ça non plus : les staffs sur le mouton à 5 pattes, ou "à propos d'un cas de bidulome malin associé à une truccite chronique" (3 cas dans la littérature mondiale
et fallait se coltiner la biblio en anglais...) à l'époque je voulais être médecin généraliste, les cas présentés me semblaient  éloignés de la réalité  donc ça me gavait
doublement


maintenant je regrette un peu et je me referais bien un bout de stage dans un service de médecine interne. enfin tout dépend de ce qu'on apelle médecine interne :-)