Sutures (1/2).
Allez, me décide à écrire cet article mainte fois reporté sur les techniques de base de la suture.
Par suturer j'entends l'acte de rapprocher deux bords (appelés berges) d'une plaie/coupure afin de leur permettre de cicatriser de manière optimale (c'est une cicatrisation de 1ère intention, contrairement au plaie que l'on laisse cicatriser par elle-même, à l'air libre où l'on parle de cicatrisation de seconde intention. Dans cet article, je me baserai principalement sur la suture réalisée avec un fil (ce que l'on nomme communément suture tout court par abus de langage).
Fils :
Contrairement à Ariane, nous disposons de plusieurs fils différents qui, actuellement, se présentent avec une aiguille montée à un de leur bout (quand l'aiguille est nécessaire, of course) et il ne faut donc plus s'amuser à passer le fil dans le chat comme les anciens devaient faire.
On peut diviser les fils en 4 grandes catégories selon les 2 critères que voici :
-Résorbable/Non résorbable : Un fil résorbable est composé d'un matériau (originellement, du catgut ou intestin de chat, actuellement un machin de synthèse) qui va, comme son nom l'indique, se résorber (duh !) et ainsi ne devra pas à être enlevé. Classiquement, c'est ce genre de fil que l'on utilise pour réaliser des sutures "internes" (intestins, coeur, ... En gros, tout ce qui n'est pas peau et muqueuse buccale/anale).
Le fil non résorbable quand à lui est le fil que l'on peut voir sur toutes les plaies cutanés (chirurgicales ou pas).
-Monofilament/Polyfilament ou tressé : pour faire simple, un monofilament va pouvoir glisser facilement dans l'orifice ou il est alors que le tressé bouge très peu (les sutures cutanées, par exemple, seront faites préférentiellement au mono-filament car elles doivent être enlevée en les faisant glisser, cf plus bas).
Il y a donc des fils monofilaments résorbables (Monocryl, PDS, ...), des mono-filaments non résorbables (Ethilon, Dermalon, Premilene, Prolene, ... Le classique des urgences), des tressés résorbables (Vicryl, Polysorb, Dexon, ...) et des tressés non résorbables (soie, ethibond, surgilon).
On distingue aussi différentes tailles, le système de notation étant un peu particulier (le plus gros étant le plus haut chiffre, le plus petit celui avec le plus de 0). Par exemple, un 2 est plus gros qu'un 1 (qui est plus gros qu'un 0), ou un 3/0 est plus gros qu'un 5/0.
Noeud et technique de base :
Classiquement, le noeud est fait au porte-aiguille (voire article du .... pour les noeuds à la main). La position de l'aiguille est la première chose à prendre en considération (même si ça devient TRES vite un automatisme). Celle ci est tenus par le porte aiguille à la jonction 1/3-2/3, du côté où le fil se trouve. De plus, elle forme avec l'axe du porte aiguille vu du dessus un angle aigu.

Le porte-aiguille se tient classiquement, comme des ciseaux, le pouce dans un anneau, l'annulaire dans l'autre bien que rien n'empêche de ne pas laisser l'annulaire dedans voire de prendre le porte-aiguille à pleine main.
Une fois le porte-aiguille en main, on va pouvoir piquer. Pour cela, les aiguilles étant courbées, l'avant bras est amorcé en pronation extrême, l'aiguille doit être perpendiculaire à la peau, le passage de l'aiguille dans la plaie se faisant via une pro-supination. Il ne faut pas hésiter à maintenir la peau bien éversée à l'aide d'une pince dans l'autre main.

Pour faire un point simple, il suffit de faire ressortir l'aiguille de l'autre côté de la plaie, au même niveau en éversant les berges au maximum (une berge n'est jamais trop éversée !), éversion qui sera, entre d'autres facteurs, garante d'une cicatrisation esthétiquement aboutie.

Une fois le fil mis et tout et tout, reste, comme pour ses petites chaussures, à le nouer. Comme pour tout noeud, il s'agit d'une alternance de demi-clés (cf ici) de sens inverses, la 1ère étant double. Le principe du noeud au porte-aiguille est d'utiliser celui-ci comme pince pour venir cherche le 2ème brin : il faut faire une boucle autour du porte-aiguille et ensuite l'ouvrir, chercher l'autre extrémité du fil et la tirer dedans (ok, cette phrase est incompréhensible, voici une vidéo, mucho claro !).
Classiquement, 3 à 4 demi-clés suffisent au niveau cutané mais ça peut monter à 7-8 selon le plan suturé.
Petits trucs pour avoir l'air d'un pro :
-Décaler le noeud sur le côté, ça facilite le boulot pour l'enlever après (et c'est plus joli).
-Pour serrer un noeud (ce qu'on ne fait PAS sur une suture cutanée) bien fort, comme on le ferait en ortho principalement, il faut tirer sur les 2 brins, perpendiculairement à la plaie, et ensuite les écarter pour faire descendre le noeud.
-Garder un noeud serré : un des trucs dont je suis le plus fier, apparemment, seuls les grands patrons connaissent cette astuce. La plupart du temps, on utilise une moustique pour tenir le noeud mais, comble du luxe et tout, le noeud tient aussi tout seul si on croise les brins (et donc pas besoin de moustique, pas besoin d'assistant, le monde est beau).
A suivre : les différents types de point et l'enlévement.
Par suturer j'entends l'acte de rapprocher deux bords (appelés berges) d'une plaie/coupure afin de leur permettre de cicatriser de manière optimale (c'est une cicatrisation de 1ère intention, contrairement au plaie que l'on laisse cicatriser par elle-même, à l'air libre où l'on parle de cicatrisation de seconde intention. Dans cet article, je me baserai principalement sur la suture réalisée avec un fil (ce que l'on nomme communément suture tout court par abus de langage).
Fils :
Contrairement à Ariane, nous disposons de plusieurs fils différents qui, actuellement, se présentent avec une aiguille montée à un de leur bout (quand l'aiguille est nécessaire, of course) et il ne faut donc plus s'amuser à passer le fil dans le chat comme les anciens devaient faire.
On peut diviser les fils en 4 grandes catégories selon les 2 critères que voici :
-Résorbable/Non résorbable : Un fil résorbable est composé d'un matériau (originellement, du catgut ou intestin de chat, actuellement un machin de synthèse) qui va, comme son nom l'indique, se résorber (duh !) et ainsi ne devra pas à être enlevé. Classiquement, c'est ce genre de fil que l'on utilise pour réaliser des sutures "internes" (intestins, coeur, ... En gros, tout ce qui n'est pas peau et muqueuse buccale/anale).
Le fil non résorbable quand à lui est le fil que l'on peut voir sur toutes les plaies cutanés (chirurgicales ou pas).
-Monofilament/Polyfilament ou tressé : pour faire simple, un monofilament va pouvoir glisser facilement dans l'orifice ou il est alors que le tressé bouge très peu (les sutures cutanées, par exemple, seront faites préférentiellement au mono-filament car elles doivent être enlevée en les faisant glisser, cf plus bas).
Il y a donc des fils monofilaments résorbables (Monocryl, PDS, ...), des mono-filaments non résorbables (Ethilon, Dermalon, Premilene, Prolene, ... Le classique des urgences), des tressés résorbables (Vicryl, Polysorb, Dexon, ...) et des tressés non résorbables (soie, ethibond, surgilon).
On distingue aussi différentes tailles, le système de notation étant un peu particulier (le plus gros étant le plus haut chiffre, le plus petit celui avec le plus de 0). Par exemple, un 2 est plus gros qu'un 1 (qui est plus gros qu'un 0), ou un 3/0 est plus gros qu'un 5/0.
Noeud et technique de base :
Classiquement, le noeud est fait au porte-aiguille (voire article du .... pour les noeuds à la main). La position de l'aiguille est la première chose à prendre en considération (même si ça devient TRES vite un automatisme). Celle ci est tenus par le porte aiguille à la jonction 1/3-2/3, du côté où le fil se trouve. De plus, elle forme avec l'axe du porte aiguille vu du dessus un angle aigu.

Le porte-aiguille se tient classiquement, comme des ciseaux, le pouce dans un anneau, l'annulaire dans l'autre bien que rien n'empêche de ne pas laisser l'annulaire dedans voire de prendre le porte-aiguille à pleine main.
Une fois le porte-aiguille en main, on va pouvoir piquer. Pour cela, les aiguilles étant courbées, l'avant bras est amorcé en pronation extrême, l'aiguille doit être perpendiculaire à la peau, le passage de l'aiguille dans la plaie se faisant via une pro-supination. Il ne faut pas hésiter à maintenir la peau bien éversée à l'aide d'une pince dans l'autre main.

Pour faire un point simple, il suffit de faire ressortir l'aiguille de l'autre côté de la plaie, au même niveau en éversant les berges au maximum (une berge n'est jamais trop éversée !), éversion qui sera, entre d'autres facteurs, garante d'une cicatrisation esthétiquement aboutie.

Une fois le fil mis et tout et tout, reste, comme pour ses petites chaussures, à le nouer. Comme pour tout noeud, il s'agit d'une alternance de demi-clés (cf ici) de sens inverses, la 1ère étant double. Le principe du noeud au porte-aiguille est d'utiliser celui-ci comme pince pour venir cherche le 2ème brin : il faut faire une boucle autour du porte-aiguille et ensuite l'ouvrir, chercher l'autre extrémité du fil et la tirer dedans (ok, cette phrase est incompréhensible, voici une vidéo, mucho claro !).
Classiquement, 3 à 4 demi-clés suffisent au niveau cutané mais ça peut monter à 7-8 selon le plan suturé.
Petits trucs pour avoir l'air d'un pro :
-Décaler le noeud sur le côté, ça facilite le boulot pour l'enlever après (et c'est plus joli).
-Pour serrer un noeud (ce qu'on ne fait PAS sur une suture cutanée) bien fort, comme on le ferait en ortho principalement, il faut tirer sur les 2 brins, perpendiculairement à la plaie, et ensuite les écarter pour faire descendre le noeud.
-Garder un noeud serré : un des trucs dont je suis le plus fier, apparemment, seuls les grands patrons connaissent cette astuce. La plupart du temps, on utilise une moustique pour tenir le noeud mais, comble du luxe et tout, le noeud tient aussi tout seul si on croise les brins (et donc pas besoin de moustique, pas besoin d'assistant, le monde est beau).
A suivre : les différents types de point et l'enlévement.
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